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Madame, Monsieur, Chère Consœur, Cher Confrère,


Dr Lardenois

Dr Thierry Lardenois
Président

La CARMF, un exemple de gestion ?

 

Sans vouloir faire de la CARMF un modèle universel, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un modèle social et économique intéressant.

 

La tendance naturelle de notre société est de financer à tout prix le déficit au moyen de la fiscalité et de la dette (« dette publique qui tangente les 100 % » selon M. Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes dans Le Figaro du 17 janvier 2019) reportant ainsi l’effort sur les plus fragiles ou handicapant lourdement les plus productifs. Pendant ce temps, l’État vit lui sur la loi « des rendements décroissants », qui veut que plus on dépense, moins les services fonctionnent (souligne également M. Didier Migaud dans le même article). La conséquence immédiate est l’insatisfaction et un défaut de croissance lié à la perte de confiance. En effet, comment dépenser l’argent que l’État risque de vous prendre sous forme d’impôt, de taxe, de réduction de retraite (CSG-CRDS par exemple) ?

 

Ce que l’on prélève sur les Français pour des services et des impôts, ne peut pas être utilisé dans la croissance, le soutien familial et la dépendance. Appauvrir les retraités c’est, à terme, impacter la croissance et augmenter les dépenses de l’État pour prendre en charge ce que cette population assume actuellement en autonomie.

Une réforme des retraites qui visera à transformer une partie de la dette fiscale en dette sociale aura inévitablement un impact négatif sur la croissance et le soutien des familles.

À la CARMF nous avons conscience qu’appauvrir les retraités conduit à appauvrir la société.

Nous avons conscience de l’effort des retraités dans une CARMF juste où leur sens de la responsabilité est connu et respecté de tous. Comme vous le savez les deux crédos de la CARMF sont l’équilibre technique et la justice sociale. Après que vous ayez fait face à la mensualisation, à l’augmentation de la CSG - CRDS, et maintenant au prélèvement à la source, après des efforts partagés en 2018 entre cotisants (cotisation augmentée de 1 %) et retraités (blocage de la valeur du point), la situation financière du régime complémentaire permet, en 2019, de ne pas augmenter les cotisations et de revaloriser le point de 1 %. Nous avons conscience que cet arbitrage n’est pas suffisant et qu’il n’a pas de répercussion concrète sur votre retraite à court terme. Il est cependant nécessaire de mettre cette décision en parallèle avec les capacités des cotisants que l’on ne peut pas éprouver plus lourdement. En effet ces derniers font face à l’augmentation de leurs charges dans un contexte économique contraint. J’ai bien conscience que ces chiffres sont totalement abstraits, voire même irritants pour certains. Il n’en demeure pas moins que sur la période 2014-2019, c’est bien la CARMF qui augmente le plus ses allocataires (régime complémentaire + 1,73 %, ASV 0 %, régime de base + 1,25 %) tout en maintenant la plus faible pression sur ses cotisants (régime complémentaire + 4,26 %, ASV + 42,10 %, régime de base + 16,43 %).

 

Alors que Monsieur Bozio, directeur de l’Institut des politiques publiques (IPP), dans son intervention au colloque des 70 ans de la CARMF nous dit qu’il faut mettre les retraités français à l’abri des aléas de la croissance, sans nous préciser comment, la CARMF a débuté une vraie réflexion sur ce thème et défriche des pistes prometteuses.

 

Encore faudrait-il qu’on nous laisse faire !

 

C’est donc bien encore et toujours de façon solidaire et juste que la CARMF écrit l’avenir de la retraite des médecins et la maintient au sommet des retraites des professions libérales.

 

Bien sûr, nous ne sommes pas exempts de reproches, mais à ce jour l’équilibre technique est atteint, maintenu, au prix d’un effort justement partagé.

 

Nulle autosatisfaction dans ce constat, mais sérieux, réalisme, pragmatisme, anticipation et protection des plus fragiles.

 

À la CARMF, nous avons conscience qu’appauvrir les retraités conduit à appauvrir la société. Cette catégorie de français est aussi une catégorie de consommateurs qui contribue à l’équilibre social et familial. Le Conseil d’administration ne se résoudra jamais à cette extrémité.

 

Avec mes confraternelles amitiés.