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Édito

Le 28 octobre 2016

Éditorial : médecine libérale, passé ou avenir ?

Nombreux sont ceux qui pensent que la fin de la médecine libérale est arrivée !
Brigitte Dormont (professeure d’économie et titulaire de la chaire de santé à Paris Dauphine) a déclaré le 18 avril 2015 sur France Culture que la mise en œuvre du tiers payant généralisé : « c’est la mort annoncée de la médecine libérale et c’est une bonne chose parce que la médecine libérale est incompatible avec un système d’assurance maladie comme le nôtre ».

editoJ’ai trouvé intéressante cette réflexion venant d’une universitaire semble-t-il écoutée, dans un contexte où l’on nous annonce quasiment l’équilibre des dépenses de santé !
J’imagine qu'elle envisage de remplacer progressivement les libéraux par des salariés ?
Notre pays compte 198 144 médecins (1) exerçant en activité régulière inscrits à l’Ordre et la CARMF compte 123 902 cotisants, il y a donc 62 % de médecins libéraux !
Si on admet des semaines libérales de 50 heures, déduction faite des congés, cela correspond à 280 millions d’heures de travail.

Combien faudrait-il de médecins salariés à 35 heures par semaine pour remplacer 123 902 médecins libéraux et faire le même travail (280 millions d’heures de travail) ?
Il en faudrait 175 000 soit 50 000 de plus qu’aujourd’hui ! De quoi créer des emplois !
Il faudrait bien sûr faire un « glissement » libéral-salariat ! Si on effectue ce glissement en 10 ans, il faudra 5 000 médecins de plus par an. Il conviendrait donc de passer le numerus clausus de 7 646 à 12 646, tout en sachant qu'en 2016, 364 postes d’internat n’ont pas été pourvus (2) et que 25 % (3) environ des jeunes médecins ne s’inscrivent pas à l’Ordre en fin de cursus !

Voilà ! Simple, factuel, sans polémique.

Conclusion : la médecine libérale est tout simplement indispensable et toute autre proposition est dogmatique et irréalisable. Elle est économiquement meilleure que toutes autres solutions, elle est humainement et socialement nécessaire. Elle n’a plus besoin de prouver son efficacité, l'état sanitaire de la population française en est une preuve. Bien sûr je ne remets en aucun cas en cause la compétence, le sérieux, le professionnalisme de l’exercice de nos confrères salariés, hospitaliers, mutualistes et de tous autres modes d’exercice. Nous sommes simplement complémentaires et je les salue ici avec respect et amitié.

La diminution du nombre de praticiens libéraux se traduit déjà journellement par une baisse du maillage territorial en médecins et aboutira à une catastrophe sanitaire. Des maisons de santé sans praticien pour y exercer ne serviront à rien.

On est même en droit de se demander si le recul de l’espérance de vie des français en 2015 (- 0,4 an pour les femmes et - 0,3 an pour les hommes, plus forte augmentation des décès de l'après- guerre (4) n’est pas simplement lié à la diminution du nombre de praticiens en exercice : + 87,7 % de retraités et + 1,2 % d’actifs seulement en 10 ans (1) !
On note même que l’INSEE évoque la baisse de la couverture vaccinale des plus de 65 ans comme origine de l’augmentation de la mortalité(4).

Vacciner sans médecins n’est pas facile, et soigner sans médecins est encore plus compliqué. Pourtant, la médecine sans médecins constitue une solution imparable pour équilibrer la sécurité sociale : supprimons les médecins, cela supprime les dépenses. Mais est-ce que cela supprime les malades ?
Sûrement pas.
Sans compter que supprimer les médecins libéraux serait ruineux : imaginez le salaire et les charges des 50 000 médecins supplémentaires. Imaginez le coût de 175 000 médecins salariés ? Enfin, envisager que 175 000 médecins salariés puissent faire le travail de 123 000 médecins libéraux à dépense égale est une gageure dangereuse pour nos concitoyens !

Qu’en pense-t-on au ministère ?
À la CARMF, nous avons toujours regardé les chiffres, c’est ce qui nous a permis d’anticiper et de préparer l’avenir en épargnant les chocs à nos confrères libéraux ! La caisse de retraite des médecins libéraux se doit de rester dans une réflexion qui vous accompagne dans vos désirs et vos choix professionnels. Chez nous, vos administrateurs, pas de dogmatisme. Notre objectif n’a pas varié : vous assurer une retraite, quelle que soit la conjoncture en anticipant. Nos « papy boomers » toucheront une retraite stable quand les cadres perdront 10 % à 62 ans puis 3 % de leur retraite ensuite (je le déplore pour eux), notre FAS vous accompagne dans l’adversité, notre prévoyance s’exerce avec vigilance dans votre intérêt, la « retraite en temps choisi » est sur les rails : pas de cotisation sans droits et le droit de choisir quand et comment on s’arrête.


Les administrateurs, bouillonnant d’idées, préparent deux autres réformes qui permettront de s’approcher au plus près de vos préoccupations et de votre quotidien. La CARMF est proche de vous, elle innove et anticipe, avec vous et pour vous grâce à des élus désintéressés à votre service.

 

Avec mes plus confraternelles amitiés.


(1) Atlas démographique du CNOM 2016
(2) Quotidien du médecin du 20/09/2016
(3) Atlas démographique du CNOM 2015
(4) INSEE Première n°1581 - janvier 2016 - Bilan démographique 2015

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